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Les jeunes familles sont pressées de toutes parts. Aujourd’hui, les jeunes mères et pères ont besoin de travailler plus fort et plus longtemps que leurs parents l’ont fait et à cause de l’érosion du filet de sécurité sociale du Canada, il faut qu’ils se débattent pour survivre.

Les jeunes familles, notamment les familles nouvellement arrivées au pays et les familles autochtones (qui souffrent d’inégalité extrême au Canada), ont besoin de bonnes politiques familiales, mais surtout de bons services de garde. Grâce aux services de garde, les parents peuvent faire des études ou suivre la formation dont ils ont besoin pour obtenir de bons emplois. Les mères et les pères devraient pouvoir travailler et faire garder leurs enfants sans avoir à attendre sur une liste interminable pour une subvention ou sans crever le budget familial. Grâce aux services de garde, un plus grand nombre de parents à faible revenu et de chefs de famille monoparentale (qui sont surtout des femmes) peuvent profiter des occasions de promotion qui leur sont offertes. Par ailleurs, tous les parents parviennent beaucoup plus facilement à concilier travail et responsabilités familiales lorsqu’ils ont l’assurance que leurs enfants sont en sécurité, s’épanouissent et sont heureux.

Les collectivités bien soutenues sont des milieux de vie où on peut venir en aide aux parents qui travaillent ou sont aux études et s’assurer que les familles en difficulté ont les ressources suffisantes pour élever leurs enfants. Nous avons besoin d’espaces communautaires au sein desquels les familles peuvent participer activement. Et c’est possible grâce à des programmes intégrés et bien conçus de services de garde de qualité.

  • Près de 70 pour cent des mères ayant des enfants de cinq ans et moins travaillent. Toutefois, le Canada n’a toujours pas un programme national de services de garde.
  • Il y a suffisamment de places réglementées pour environ 19 pour cent des enfants âgés de zéro à 12 ans. Il est encore plus difficile de trouver des places pour les bébés, les tout-petits et les enfants ayant un handicap, les enfants autochtones ou ceux en milieu rural.
  • Pour plusieurs familles, les services de garde sont la deuxième plus grande dépense après l’hébergement. En Ontario, les familles paient entre 40 $ et 60 $ par jour pour les services de garde. Dans les grandes villes, les coûts sont encore plus élevés.
  • Dans la majeure partie du Canada, les subventions pour les services de garde sont difficiles à obtenir et conséquemment, même les parents à bas revenus doivent eux-mêmes couvrir les frais. À Toronto, sur n’importe quel jour de la semaine, plus de 22 000 familles admissibles sont inscrites à une liste d’attente pour les subventions. Plusieurs de ces familles n’atteindront jamais le haut de la liste.
  • Les services de garde à but lucratif offrent 28 pour cent des places dans les centres au Canada et ce taux augmente à une vitesse alarmante.
  • Les recherches démontrent qu’il est peu probable que les services de garde à but lucratif – qu’il s’agisse de petits centres appartenant à un individu, de chaînes ou d’établissements à grande surface – puissent offrir les soins de haute qualité dont les enfants ont besoin.
  • La qualité est reliée à un personnel bien formé et rémunéré équitablement, mais les éducatrices et les éducateurs de la petite enfance au Canada gagnent 55 pour cent du salaire des travailleuses et des travailleurs ayant une éducation comparable. Plusieurs quittent totalement le secteur.
  • Les recherches ont démontré que l’investissement du Québec dans son programme de garderie à sept dollars a plus que payé pour lui-même par l’entremise de l’impôt sur le revenu versé par les mères et les taxes de consommation.
  • Le programme de services de garde du Québec a fait augmenter le nombre de femmes dans la main-d’œuvre active de 3,8 pour cent, ce qui génère un autre 5,2 milliards de dollars pour l’économie du Québec et augmente le produit intérieur brut de la province de 1,7 pour cent.

Une des premières actions de Stephen Harper lorsqu’il a pris le pouvoir a été d’annuler les ententes avec les provinces et les territoires pour l’apprentissage et les soins en bas âge et de réduire le financement par 1 milliard de dollars. Il l’a remplacé par un paiement mensuel versé directement aux parents – pour un montant qui couvre à peine quelques soirées de gardiennage. Il est temps que le gouvernement fédéral reconnaisse que l’investissement dans l’apprentissage et les soins de bonne qualité pour les enfants en bas âge réduirait la pauvreté, augmenterait l’emploi et stimulerait l’économie. Repensons nos garderies maintenant!

Fiche d’information : Le fractionnement du revenu vs les services de garde

L’argument économique en faveur des services de garde à l’enfance