Plus que ça change plus que c’est pareil

Photo: "Yesterday's Auction Find", Yellow House

Lors d’une assemblée de cuisine tenue récemment dans le cadre de la campagne « Repensons les services de garde », des membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) ont raconté leur expérience en matière de garde d’enfants. Voici quelques-uns des témoignages recueillis.

Suzie, mère de trois enfants, est restée à la maison pour élever ses enfants jusqu’à ce que son plus jeune ait un an. Elle dit avoir vécu l’enfer pour essayer de trouver des services de garde. Elle travaillait l’après-midi, et son mari avait un quart de travail rotatif. Elle a fini par acheter une auto à sa mère pour que celle-ci puisse aller prendre soin des enfants à la maison. Quand Suzie a commencé à travailler à Postes Canada, elle occupait un emploi occasionnel. Elle devait constamment refuser de travailler plus d’heures, car elle n’avait personne pour s’occuper des enfants. Aujourd’hui, Suzie est la responsable de garde secondaire de ses petits-enfants. 

Kim est mère de deux garçons. Il y a vingt ans, elle payait 30 $ par jour par enfant pour les faire garder. Il était impossible de trouver des services de garde de qualité à prix abordable. Elle n’a eu d’autres choix que de recourir aux services d’une gardienne à domicile, un véritable cauchemar. Vingt ans plus tard, Pam tente d’aider les membres du STTP aux prises avec la même situation qu’elle a vécue. Bref, rien n’a changé.    

Quand Trish a commencé son emploi de factrice rurale et suburbaine, il n’y avait pas de services de garde. Elle faisait monter la plupart de ces cinq enfants à bord de son auto et elle partait livrer le courrier. Son mari conduisait l’auto pendant qu’elle triait le courrier. Aujourd’hui, son fils et son petit-fils de 15 mois habitent chez elle. Dans sa collectivité, il faut attendre pas moins de six mois avant d’obtenir une place en garderie. Pour Trish cependant, les choses ont été plus faciles que pour d’autres mères de famille. Dans sa culture, si quelqu’un a besoin d’aide pour garder ses enfants, les femmes (tantes, mères, grands-mères) se retroussent les manches et vont s’en occuper. Trish n’est pas au courant de la situation en matière de garde d’enfants à l’extérieur de la réserve, mais elle est consciente des difficultés auxquelles font face les mères, et elle comprend la frustration des femmes qui essaient de travailler.         

*Certains noms ont été changés afin de respecter la vie privée des membres.