La garde d’enfants : mise en commun de nos expériences

 

Lors de leur dernière réunion à Ottawa du 25 au 27 mai, 2013, les membres du Comité national des droits de la personne du STTP ont formé de petits groupes pour discuter, de façon informelle, de la garde d’enfants. Les discussions s’inscrivaient dans le cadre de la campagne « Repensons les services de garde ». Voici des extraits de la conversation qu’ont eue les membres du groupe représentant les travailleurs et travailleuses autochtones.

Quelles ont été les répercussions de la garde d’enfants sur votre vie personnelle et professionnelle, votre famille ou votre collectivité ?    

Darlene Kaboni : Quand j’ai commencé à travailler à Postes Canada, en 1987, je n’arrivais pas à trouver une personne de confiance pour s’occuper de mon enfant. À l’époque, je travaillais de nuit. J’ai trouvé très difficile de confier mon enfant à quelqu’un et d’avoir confiance en cette personne. J’ai toutefois eu la chance de pouvoir compter sur des membres de ma famille, qui sont venus vivre chez moi. Pendant leurs études collégiales et universitaires, mes frères et soeurs habitaient chez moi. Ils ne payaient pas pension, mais en retour ils étaient présents pour s’occuper de mon enfant pendant que je travaillais de nuit. J’ai eu de la chance, mais je sais très bien que ce n’est pas tout le monde qui a cette chance.

Jenny Butler : Pendant cinq ans, j’ai occupé un emploi temporaire à Postes Canada. Et, bien entendu, à cause de cette situation, j’ai dû occuper d’autres emplois pendant cette période. L’employeur pouvait m’appeler à peine une heure avant le début d’un quart de travail, et je ne savais pas quel jour ni quel quart de travail ce serait. Ça pouvait être le quart de nuit, de soir ou de jour. Il m’est souvent arrivé de ne pouvoir accepter que le quart de soir ou de nuit. Quand j’ai obtenu un poste permanent, la seule solution que j’avais alors pour pouvoir m’occuper de ma famille était de travailler de nuit. Je travaille de nuit depuis 17 ans, et ma fille a eu 17 ans en février.

Allan Kakaway : Quand ma fille a commencé à fréquenter la garderie, elle venait tout juste d’avoir trois ans. C’était dans les années 1990. Nous habitions alors à Edmonton. Un jour, nous sommes allés la chercher vers 15 h. Le personnel de la garderie ne la trouvait plus… C’était terrible. Comment le personnel pouvait-il ignorer où se trouvait ma fille? Nous avons fouillé partout et au bout d’environ 20 minutes, un grand sourire aux lèvres, ma fille est arrivée en marchant et a déclaré : « Papa, je suis allée aux toilettes toute seule ! ». Je ne pouvais rien faire d’autre que de lui sourire et lui dire : « Bravo! » Mais imaginez un peu ce que j’avais ressenti en constatant que ma fille n’était pas à la garderie, que trois adultes y travaillaient et qu’ils ignoraient où elle se trouvait. J’ai vécu l’horreur.

Debbie Bird : En tant que chef de famille monoparentale, j’ai dû confier mes enfants à une garderie. La situation était loin d’être idéale, mais je devais travailler. Certains jours, je ne savais pas où j’irais faire garder mes enfants, ni à qui je les confierais. Je me sentais tellement coupable. Un jour, j’ai demandé à mes enfants comment s’était déroulée la journée. Ils m’ont répondu que la gardienne avait été malade et qu’ils avait passé la journée assis sur le lit à côté d’elle. Mes enfants avaient alors trois ans et cinq ans.

Il ne devrait pas en être ainsi! Racontez-nous votre expérience de garde d’enfants. Prévoyez la tenue d’une « assemblée de cuisine ». Renseignez-vous sur la campagne en consultant le site Web garderiespubliques.org ou écrivez-nous à infogarde@cupw-sttp.org.