Les garderies font l’objet de discussions au niveau communautaire

Winnipeg – La Coalition pour les services de garde du Manitoba (Child Care Coalition of Manitoba) avait invité les parents à une conversation sur l’état des services de garde dans la province, le 18 septembre. Intitulée « La table ronde des confessions : des parents parlent de leurs préoccupations en matière de services de garde », l’activité s’intéressait aux difficultés qu’éprouvent les parents manitobains à trouver des services de garde abordables, accessibles et de qualité.

« On n’entend pas toujours la voix des parents au Manitoba, explique Susan Prentice de la Coalition. La discussion d’aujourd’hui reflète ce qu’on entendrait, entre amis, autour de la table de la cuisine. »

Lori Schroen, présidente de la section locale 1543 du SCFP (qui représente les travailleurs en services de garde de plusieurs garderies manitobaines) et membre du Groupe de travail national du SCFP sur les services de garde, a souligné l’objectif de la campagne nationale Repensons les services de garde, soit de partager avec la collectivité les expériences que vivent les parents du pays avec les services de garde.

Priscilla Hatae, une nouvelle arrivante originaire de l’Argentine, a été parmi les premiers parents à exprimer leur irritation devant la période d’attente avant d’obtenir une place en garderie au Manitoba : « J’ai ajouté mon nom à toutes sortes de listes d’attente, sans réponse, a-t-elle raconté à la centaine de personnes réunies au Manitoba Children’s Museum. J’étais sur 38 listes, et j’ai dû attendre deux ans pour qu’on me rappelle. »

Ryan Hubbard, professeur agrégé au département d’histoire de l’Université de Winnipeg et père d’un jeune enfant, a expliqué que plusieurs parents sont contraints de faire des choix difficiles qui affectent leur famille et l’économie : « On se demande lequel des deux parents ira travailler pendant que l’autre restera à la maison. On a tant de femmes, maintenant, qui font des études supérieures et qui travaillent dans des secteurs clés de l’économie. Or, plusieurs d’entre elles doivent rester à la maison, simplement parce qu’il n’y a pas de places libres en garderie. »

Krystal Kayne, mère, étudiante à l’Université de Brandon et commissaire aux étudiants à temps partiel et aux étudiants plus âgés pour l’Union des étudiants de l’Université de Brandon et le chapitre manitobain de la Fédération canadienne des étudiants, a discuté des répercussions de l’insuffisance des services de garde sur les Manitobains qui mènent des études supérieures : « Certains étudiants universitaires décrochent, alors que d’autres étudient à temps partiel pendant dix ans, parce qu’il n’y a aucune place abordable en garderie. »

Le professeur Hubbard connaît ce problème : « Il est maintenant commun de voir des élèves venir en classe avec leurs enfants. » « Ma garderie coûte plus cher que mes frais de scolarité, et on sait à quel point ces derniers sont élevés, ajoute Mme Prentice. »

À cette table ronde, on a aussi parlé de la difficulté de trouver une garderie offrant des services en français pour permettre aux enfants de conserver leur langue. Plusieurs Franco-Manitobains éprouvent des difficultés en ce sens. Autre problématique : trouver une garderie pouvant accommoder un enfant handicapé, particulièrement en milieu rural.

Pour en savoir plus sur la campagne Repensons les services de garde ou pour animer une conversation comme celle-ci, consultez le site garderiespubliques.ca.